Sur ce blog je me suis rappelé
les évènements de ma plus tendre enfance jusqu'à l'adolescence,
traces et bagages du passé, lourds ou moins lourds, les choses de la vie !!
Les émois, les joies....
et j'ai traduit tous ces souvenirs en "petits récits"...
EN TANT QUE FEMME
Bonne balade et merci d'être venus


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samedi

Le camp du STRUTHOF

Fiche de démobilisation du 2 août 1945. Mon papa était fait prisonnier dans les Ardennes du 17.05.1940 au 13.8.1940
(Recto-Verso)


Certificat de Bonne conduite (2ème Sapeur ..... daté du 12 octobre 1935


Extrait du registre des personnes réintégrées de plein droit dans la qualité de Français en exécution  du Traité de Paix du 28 juin 1919.




J'étais petite lorsqu'avec mes parents nous avons visité le camp de concentration de Natzwiller-Struthof. Ce camp était le seul camp construit par les Allemands  sur le sol français.Natzwiller se trouve à côté de Schirmeck (pas loin de Strasbourg). Durant la guerre, ma maman, ma grand'mère maternelle, ma tante et mes deux soeurs étaient réfugiées chez des paysans à Natzwiller. Mon père, prisonnier à ce moment-là,  se trouvait dans un camp de travail en Allemagne.  Durant des mois maman n'a pas eu de ses nouvelles. Lorsque papa remémorait cette époque il était toujours très ému et, à la fin de sa vie, il lui arrivait de pleurer. J'aurais bien aimé qu'il laisse une mémoire écrite de ce vécu. 
Lors de la visite du camp, je n'ai pas assimilé l'ampleur des horreurs qui s'y sont passées durant la guerre. J'étais trop petite ... Des traces étaient conservées qui ne subsistent plus à l'heure actuelle. Un mémorial "aux martyrs de la déportation" y est érigé. 
Maman nous a raconté qu'un jour en rentrant dans la boulangerie de Natzwiller elle a salué en disant "Bonjour" ; un officier allemand présent l'a admonestée en l'invectivant de ne plus jamais recommencer. Les salutations en français étaient strictement défendues. Pourtant maman aurait dû le savoir....
En descendant du Struthof, ce dimanche-là, nous sommes passés chez les paysans qui avaient hébergé ma famille. Leur accueil était très chaleureux ....
Par la suite nous ne sommes plus jamais retournés au Struthof.

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vendredi

Papepa et Mamema

 ☚  mon papepa
Chez mes grands'parents
Mes grand'parents habitaient à deux pas de mon école, et lorsque ma maman travaillait (elle faisait de temps en temps des remplacements en tant que vendeuse dans une grande surface) ma grand'mère m'invitait à manger. D'ailleurs elle me confectionnait des petits plats ou des spécialités alsaciennes et je salive encore rien que d'y penser. Il y avait les "Dampfnüdle" - une sorte de beignets à la vapeur dont j'ai gardé la recette ;  j'en ai refait à mes enfants. Ils en raffolaient ....
Mon grand'père me racontait des histoires surtout de sa jeunesse. Ou alors je terminais mes devoirs ;  je leur récitais aussi des poésies ou leur chantais les chansons apprises à l'école. C'était une belle complicité et j'en garde un très bon souvenir.
Lorsque venait l'heure de rentrer à la maison, mon grand'père prenait un petit air malicieux. Il cherchait son porte-monnaie et me montrait une ou deux belles pièces d'argent. C'était des anciens francs ... Il me demandait mon mouchoir et alors, le plus sérieusement du monde il en  prenait un coin, faisait un noeud et emprisonnait dans ce noeud les piécettes pour "que je ne les perde pas !!!". Ensuite il  me remettait le mouchoir bien au fond de la poche. Il serrait tellement le noeud qu'en arrivant chez moi, j'avais du mal à le défaire.
Grâce à mon grand'père je pouvais de temps en temps agrémenter "mon ordinaire". 
Anecdote : Je n'ai connu mon grand'père qu'à la retraite. Je me souviens qu'il s'était installé  une cordonnerie au grenier dans l'immeuble où il habitait avec 'mamema'. Pour arrondir les fins de mois 'papepa' ressemelait toutes les chaussures de la famille et des voisins. Lorsque je venais le rejoindre dans sa "boutique" ça sentait bon le cuir et la colle. Je revois encore mon grand'père, des petits clous entre les dents prêt à les enfoncer dans le cuir collé sur la semelle usagée. Avec un couteau spécial, bien aiguisé,  il tournait autour de la chaussure et coupait le trop de cuir qui dépassait. Je trouvais ça extraordinaire ....

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jeudi

MARIE MIA

Ma poupée Marie-Mia !!

C'était le nom imprimé sur la boîte lorsque le Père-Noël me l'a apportée cette année-là. Je l'ai immédiatement adoptée, la poupée ... et son prénom . C'était ma petite poupée "fétiche", ma petite bien-aimée. Je crois que tout l'amour en "perdition" s'est pour moi, durant mon enfance,  canalisé sur cette merveille. J'ai joué avec elle jusqu'à l'adolescence et je l'ai toujours gardée quelque part, dans un tiroir, sur une commode, dans une boîte à souvenirs ...et malgré tous les déménagements, elle est encore là.
Elle a participé aux jeux de mes petites filles. Toutefois, elles n'ont pas exprimé des émotions particulières. Elles ont bien sûr, leurs propres poupées, et quelque part, celle de "mamie", il faut peut-être la préserver, ne pas trop y toucher. Ou serait-ce un jouet sacré ? Mon grand fils les a d'ailleurs encouragées dans ce sens. Je me souviens, il disait : "Tu l'as gardée si longtemps, il ne faudrait pas qu'elles te l'abîment" ... Elles avaient le droit de jouer avec ma petite "Marie Mia", mais au fond de moi, secrètement, cette  'barrière' me convenait.
Elle était toute nue dans la boîte. Maman m'a donné des restes de tissus et, tant bien que mal, je lui ai confectionné ses premiers vêtements. Ma soeur, Christiane, m'a beaucoup aidée. Un jour, elle a cousu une tenue entière : pantalon ? (ou jupe), une veste, un bonnet, genre calot, et des chaussons dans les mêmes teintes. C'était des petits vêtements magnifiques .... mais, malheureusement cet ensemble 'cousu mains' n'a pas tenu la route !

A la suite de ce récit ma  MARIE MIA restera un petit bout de temps sur mon divan au salon !!!

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mercredi

Au Nideck

  ☚ la cascade du Nideck
Durant sa vie active, papa était membre de l'A.T.C. -Association Touristique des Cheminots ??
Durant cette période nous allions souvent au refuge de l'association qui se trouve à Oberhaslach au bas de la cascade du Nideck. La fête montagnarde annuelle réunissait les cheminots qui étaient impliqués dans l'organisation et ceux qui, en visiteurs, venaient  passer le dimanche avec leurs familles. Des tentes étaient dressées dans le pré et toutes sortes de victuailles étaient proposés aux participants : des stands de boissons, des chaudrons avec des knacks, des sandwichs ....
Nous montions tous les ans à la cascade, L'accès au site était d'ailleurs aisé, des sentiers aménagés étant prévus à cet effet. La cascade en été se résumait à un filet d'eau mais ne retirait rien au charme et à l'attrait du lieu. En continuant la montée nous arrivions aux vestiges du château. La légende du château du Nideck conférait au lieu une ambiance particulière...
Au même endroit se trouvait une pierre "tremblante". Les jeunes filles qui montaient sur la pierre n'étaient plus vierges si celle-ci tremblait. Mes grandes soeurs s'y exerçaient et à l'époque je n'ai pas compris leurs fous rires ... 
Nous passions donc notre matinée dans cet endroit magique et romantique.
Les responsables de l'association avaient prévu quelques attractions qui se déroulaient dans l'après-midi, notamment un "crochet radiphonique".
Les chanteuses et chanteurs s'inscrivaient sur une liste et le moment venu montaient à tour de rôle sur une scène improvisée. Le micro en main ils se lançaient courageusement dans une interprétation plus ou moins 'exacte' des refrains sélectionnés.
Maman s'y était présentée quelques années de suite. Elle avait une belle voix. Son rêve de petite fille était de devenir chanteuse d'opéra. La chanson dont je me souviens s'intitulait "RAMONA" (Ramona, j'ai fait un rêve merveilleux - Ramona nous étions partis tous les deux ...)
Elle roulait les "r". J'étais très fière d'elle et les gens applaudissaient à tout rompre. Chaque année, c'est elle qui gagnait le concours ... 
Les participants n'ont pas dû apprécier puisqu'une année le jury l'a déclarée "hors concours". C'était la grande déception  ... elle était triste et le gagnant qui lui a succédé n'avait pas son talent.
J'ai moi-même participé à ces concours. J'interprétais une chanson paillarde, oh honte !! "boire un petit coup c'est agréable....." en mimant les gestes appropriés. Et le soir au restaurant où nous prenions un verre en attendant le train à URMATT, je montais sur une table et je rechantais ... la même chanson. Ma soeur me dit que je faisais le tour de l'assemblée pour récolter des sous dans une casquette.
Il m'avait semblé avoir été une petite fille plutôt timide !!
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mardi

ORAGE dans la MONTAGNE


Un autre orage ....
Tout l'été et presque tous les dimanches papa nous emmenait dans la vallée de la Bruche. Nous prenions le train à la gare de Strasbourg et avec des copains nous allions cueillir des myrtilles, des champignons, des mûres ou ramasser des châtaignes.....
Ce dimanche-là le temps était à l'orage. Mais nous ne voulions pas renoncer à la sortie programmée ; un copain de papa nous attendait à la gare.
Il faisait lourd, les mouches nous embêtaient, la forêt s'assombrissait et la décision était prise : après le pique-nique, nous prendrons le chemin du retour.
La descente était raide et nous avions bon espoir d'arriver au train avant que l'orage n'éclate. Les premiers grondements s'entendaient au loin, puis un éclair ; on comptait le temps entre les deux pour évaluer la distance. 
"Il est encore loin l'orage" disait papa pour nous rassurer, "si vous vous dépêchez nous passerons à côté" ; il avait à peine terminé sa phrase que les premières gouttes commençaient à tomber. Et la pluie très rapidement devint torrentielle. 
Je n'ai jamais compris comment il a fait : en un tour de main papa avait planté des bâtons au-dessus d'un petit ravin, sur les piquets ainsi improvisés il a tendu les couvertures de pique-nique, les imperméables .... et nous nous sommes tous réfugiés, serrés les uns contre les autres, sous cet abri de fortune. Le ciel s'est rapidement éclairci et nous n'étions pas du tout mouillés.

Je me sentais bien sous cette tente improvisée, une espèce de bonheur. Je me demande si nous n'avons pas tous chanté en attendant que l'orage se calme.

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La balançoire

  ☚    
Ma soeur et moi assises toutes deux sur la balançoire
Je disais que papa était un grand bricoleur. Il "projetait" constamment et, chose sûre, allait au bout de ses projets.
Il a donc décidé un jour d'installer une balançoire dans la cour.
C'est avec des matériaux de récupération que papa a érigé cette balançoire. Il y avait le portique : un poteau solidement bétonné dans le sol, la barre latérale du dessus bien ancrée dans le mur. Papa a lui-même forgé les crochets dans lesquels se glissaient les anneaux au bout des cordes qui retenaient la planche.
Nous avons passé des heures sur cette balançoire, à en avoir des vertiges et des nausées. Mais inlassablement nous recommençions. Lorsque nous étions plusieurs copines, les séances étaient chronométrées pour éviter les inégalités.
Nous essayons bien sûr d'aller de plus en plus haut. Frôler le danger ? Souvent nous étions assises à deux sur la planche : fous rires assurés !!
Mes grandes soeurs, de temps en temps elles aussi n'hésitaient pas à s'y étourdir ou, débout derrière moi, me poussaient dans le dos en vue d'un rapide démarrage.
La "vrille" consistait à tourner les cordes sur elles-mêmes autant que possible. En relâchant nous étions prises dans un véritable tourbillon et nous titubions en "remettant les pieds sur terre".
Que de bons moments passés sur cette balançoire.

Lorsque nous sommes partis du quartier,  nous n'avons pas déménagé la balançoire.



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lundi

LE MOIS DE MAI


Le muguet du premier mai 
et le mois de Marie qui commence !

Le mois de Marie c'est le mois le plus beau !! 
Dans la chapelle du quartier un autel était dressé à Marie, orné de fleurs et de lumières. Tous les soirs avec les copines nous allions prier Marie. Pour rien au monde, nous n'aurions manqué cela. Les odeurs des lys et autres fleurs fraîchement coupées et régulièrement renouvelées, embaumaient délicieusement la chapelle. Les chants retentissaient jusque dans la rue et les récalcitrants devaient bien regretter d'être restés dehors.
Nous récitions le chapelet à tours de rôle, l'abbé commençant la première partie qui était reprise par les fidèles. Bien sûr, nous ne faisions souvent pas attention à ce que nous disions ;  les dévotions étaient longues et il fallait tenir jusqu'au 31 mai !!
Lorsque nous sortions de la chapelle il faisait encore bon dehors. Nos parents ne nous pressaient pas trop et cette liberté dans la douceur du soir était bien agréable.
Nous faisions le tour du quartier bras-dessus, bras dessous en discutant allègrement et plus tard, adolescentes, en refaisant le monde. Des décisions importantes étaient prises : se marier, avoir des enfants, ou alors .... le couvent ?? - périodes de mysticisme qui ne duraient heureusement pas très longtemps -.
Certains soirs, il nous arrivait d'attraper des hannetons. Il y en avait de très gros et les plus téméraires d'entre nous (surtout les garçons) leur attachaient un fil très fin à la patte et les laissaient s'envoler tels des petits avions.

La nuit commençant à tomber, nous étions bien heureuses de rentrer à la maison après avoir passé des moments si agréables.

(Petite anecdote : Après le décès de maman, nous avons trouvé plein d'images pieuses de Marie dans ses affaires. Lorsqu'elle avait des soucis, tout en n'étant pas "bigote", elle priait Marie de lui venir en aide !!)
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LA CAVE


Les "commissions" suite ....
J'ai raconté hier comment maman faisait "les courses" et sa façon de gérer les provisions.
La maison provisoire que nous habitions pendant quelques années après la guerre était construite sur un vide sanitaire : donc pas de cave. Très rapidement, papa en bon bricoleur, a pris la décision de remédier à ce manque. Avec deux copains ils ont creusé sous la maison, déblayé la terre avec des brouettes....Le trou s'est agrandi jusqu'à devenir une cave relativement spacieuse. Bien sûr il y avait aussi de l'étayage, du bétonnage, notamment la construction d'un petit escalier pour y accéder. Quel travail !!!
Mais mes parents ont ainsi pu stocker les victuailles en grande quantité et dans un endroit bien frais.

Cette cave était terminée au bout de trois semaine, le temps des congés...
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dimanche

LE BIDON DE LAIT


"LES COMMISSIONS" ..... suite
Maman n'achetait pas le lait à la COOP. Les ménagères conservaient le lait dans un bidon en aluminium dont le couvercle était tenu par une chaînette. Le soir, avant d'aller au lit,  maman plaçait ce bidon devant la porte ; les sous destinés au marchand de lait étaient posés sur le couvercle. Le lendemain matin, très tôt, le 'laitier' passait dans le quartier. Avec une louche il sortait le lait d'un gros réservoir installé sur une carriole et remplissait les récipients qu'il remettait devant les portes 'avec le rendu de monnaie'.
Une petite anecdote :
Plusieurs jours de suite la monnaie rendue par le laitier manquait lorsque maman rentrait le bidon pour nous préparer le café. Oh voleur !!
Je crois me rappeler que papa a fait le guet et a surpris le chapardeur. C'était un apprenti-ouvrier qui, en passant le matin pour aller à l'usine, raflait la monnaie.
La suite ? je ne m'en souviens plus.
Papa n'était pas du genre à plaisanter ....
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Les commissions


Faire les commissions : c'était le terme utilisé par maman lorsqu'elle partait faire "les courses" en vue de l'approvisionnement. Il y avait dans le quartier une COOP, un boucher,une boulangerie, un épicier, une droguerie.... C'est à la COOP que maman achetait les matières premières. Point d'emballages inutiles. Tout était conditionné dans du papier kraft : les petits pois, les haricots, la farine, le sucre, le beurre .... Pour le fromage blanc p.ex.  elle ramenait un saladier, le marchand sortait la quantité demandée d'un tonneau posé par terre. Il avait une balance à deux plateaux et utilisait des poids en laiton. L'huile, le vinaigre et les produits d'entretiens étaient vendus dans des bouteilles en verre consignées. La bouteille vide était systématiquement ramenée lors de l'achat du nouveau produit.
Les ménagères n'étaient pas obligées de faire la queue aux caisses ; par contre, elles aimaient bien s'attarder, "potiner"et elles attendaient ainsi patiemment leur tour d'être servies, surtout à la boucherie. En effet, le boucher avait toujours le mot pour rire. Il connaissait toutes ses clients et savait adapter ses blagues. Il n'était pas non plus avare de conseils ; les façons de faire revenir les viandes, proposer le bon morceau pour telle ou autre recette, suggérer les temps de cuisson, etc etc. ; maman achetait la viande au jour le jour selon les besoins. Nous mangions souvent du lapin ou du poulet surtout le dimanche : ma grand'mère paternelle avait une grande basse-cour et des clapiers.
Mes parents ont acheté le premier réfrigérateur lorsque j'avais 14 ans. Je me demande comment ils faisaient avant pour garder les aliments au frais. Il me semble que papa avait aménagé dans la cave un réduit creusé dans le mur (une sorte de garde-manger) avec une porte grillagée. Maman entreposait là-dedans le fromage, le beurre, les fruits ? C'est vrai qu'il faisait bien frais dans la cave. En début d'hiver un paysan venait avec sa charrette tirée par un cheval nous livrer deux ou trois sacs de pommes de terre. Nous étions pourvus pour toute la saison. Il y avait également dans la cave les pommes entreposées sur des clayettes, en principe deux sortes pour différents usages.
Maman récoltaient les fruits et légumes du jardin et les mettaient en conserve dans des bocaux qui étaient entreposés sur des étagères dans la cave.

Nos poubelles étaient toute petites, jamais remplies à bord....

...  finalement, je crois que nous mangions très bien et nous n'avions pas beaucoup de déchets  !!
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samedi

Au bord de la rivière


Durant les vacances d'été et surtout lorsque papa était en congé, nous allions souvent au bord de l'AAR. C'est une rivière qui passe à Strasbourg tout à côté du Palais Européen. Les berges étaient très larges avec une belle prairie où nous pouvions étaler nos couvertures et également nous adonner à divers jeux de plein-air.
Nous y allions en vélo avec nos affaires bien ancrées sur le porte-bagages. Il y avait du chemin à faire, nous n'habitions pas tout à fait à côté. Arrivés sur place nous sautions rapidement dans l'eau tellement nous étions contents de nous rafraîchir. D'autre baigneurs étaient déjà sur place ; c'était des familles qui venaient d'ailleurs et que nous étions toujours contents de retrouver. Nos amis de vacances !!!!
A quelques  mètres en amont, un pont enjambait l'Aar. Papa y allait, avec ses copains, et l'un après l'autre, ils sautaient du pont dans la rivière. Ils étaient applaudis, l'exploit n'étant pas de moindres !! Mes soeurs et moi n'avons jamais eu le courage de les imiter, nous contentant en les rejoignant dans l'eau, de nager à côté d'eux et retrouver maman sur la berge. Elle était toujours un peu inquiète, mais fière quand'même de son mari !!!
Venait l'heure du goûter et de la "trêve" ; épuisés et affamés, nous étions réunis sur la grande couverture, et maman distribuait les fruits, le pain et le chocolat, ou pour papa un bon sandwich "maison" avec une canette de bière. On jouait aux cartes, on discutait, on rejoignait d'autres groupes ... jusque tard le soir.
Ces baignades au bord de la rivière restent un très bon souvenir de jeunesse.
Je ne vois plus jamais personne sur ces berges, ni ailleurs aux bords des rivières. Les piscines ont pris le relais ... ..

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mercredi

LA FÊTE-DIEU


INOUBLIABLE MANIFESTATION ! la procession de la Fête-Dieu

La Fête-Dieu était célébrée le dimanche qui suit la Fête de la Trinité (entre le 21 mai et le 24 juin)
Grande émotion : nous étions toutes réquisitionnées. Les soeurs nous avaient donné les directives en vue de cette grande journée paroissiale. Papa nous laissait cueillir les fleurs du jardin (surtout les roses) en vue de la procession. Les pétales des fleurs étaient soigneusement et délicatement détachées et remplissaient les paniers que nous portions autour du cou avec un joli ruban. Nous étions bien fières !!!
Le cortège, en traversant le bourg, suivait un parcours bien précis. Le garde-suisse devançait les enfants de choeur, puis venait le prêtre en habit liturgique doré, la chorale, les fidèles ... Nous nous arrêtions devant les reposoirs que les habitants avaient grandiosement décorés (fleurs, statues, linge de maison ...) Nous nous arrêtions pour y prier et le cortège repartait jusqu'au reposoir suivant. Les pétales des fleurs parsemaient le chemin de la procession. Nous avions pour mission de nous retourner, à intervalles réguliers, pour jeter les pétales en direction du Saint Sacrement.
La procession terminée, une grand'messe solennelle clôturait cette manifestation.
Dictons :
Si le lis a fleuri pour le Fête-Dieu, j'aurai vendangé pour la St-Mathieu
Fête-Dieu mouillée, fenaison manquée.

Les concours des maisons de village les mieux fleuries de nos temps sont fades à côté de la Fête-Dieu...
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mardi

ECOLE MATERNELLE

 ☚   A l'école "maternelle"

La rentrée des classes
J'avais une petite enfance heureuse. Mes grandes soeurs allaient déjà à l'école et je me retrouvais durant cinq années seule à la maison avec ma maman.
Nos mamans, dans la plupart des cas restaient au foyer et s'occupaient de leur ménage, des enfants et de leur mari. Les salaires n'étaient pas gros, mais elles rivalisaient d'astuces pour s'en sortir, et malgré les fins de mois difficiles, nous ne manquions de rien. En hiver, nous avions bien chaud dans la petite cuisine où nous étions tous réunis le soir. Chacun trouvait une occupation : papa lisait le journal, maman reprisait ou nous aidait à faire nos devoirs.  Il arrivait que nous jouions aux cartes (peut-être les samedis soirs). On écoutait de la musique sur un poste de radio que j'ai encore dans la cave. Papa commentait les informations ; nous n'étions pas toujours d'accord sur les fréquences à choisir. Mes grandes soeurs avaient déjà leurs préférences. 
Je trouvais ainsi la vie belle ... pendant mes cinq premières années .... ET PUIS un beau jour maman m'a emmenée en ville pour faire des achats  :  une nouvelle paire de chaussures, un petit cartable, un tablier, une trousse avec des crayons et des couleurs etc etc. 
Je sentais la menace depuis quelques temps ... on en parlait ... mais je faisais semblant de ne pas comprendre. Bref, c'était la RENTREE DES CLASSES . Et cette-fois ci j'étais concernée. Je ne sortais plus de la maison, je restais scotchée dans la cuisine, je voulais donner des coups de main à maman, tout était prétexte à faire durer la "sédentarité".
Puis vint le grand jour fatidique.
Je me rappelle, je m'accrochais à maman qui essayait de me raisonner. L'institutrice, une dame blonde très avenante, ne parvint pas non plus à me consoler. Je pleurais toutes les larmes de mon corps.
J'ai fini par céder... j'en avais mal au ventre ; ça a duré plusieurs jours. 
Mais j'ai bien sûr fini par comprendre ...
Les rentrées scolaires suivantes n'étaient pas aussi spectaculaires. J'étais d'ailleurs, je pense, une petite élève studieuse et assidue.
La maîtresse s'appelait Mademoiselle DILENSEGER ; je suis très contente de me rappeler de son nom.
C'était le premier grand chagrin de ma vie !!!

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PÂQUES ET LES NOUVELLES ROBES

BIENTÔT PÂQUES !!
L'hiver  tirait en longueur. Les journées restaient fraîches. Et pourtant maman préparait déjà "PÂQUES ". Les lapins grossissaient dans les clapiers, le vin était stocké dans la cave.  Les invitations étaient lancées (il y avait même une année chez nous une tante d'Amérique - eh oui !! -  c'était une soeur de ma grand'mère paternelle).
Une autre coutume voulait que nous soyons habillées de neuf en ce jour béni!!. Pour aller à la grand'messe et aussi parce qu'à Pâque il y avait donc immanquablement de la visite, un repas de fête et, après le repas,  la promenade digestive suivie d'une visite dans les familles proches, où nous nous rendions à pied.
Deux-trois semaines avant Pâques maman se rendait à Strasbourg acheter 'en gros' AUX COUPONS DE MULHOUSE du tissu qui était destiné à la confection des nouvelles robes. Maman avait une cousine qui habitait à côté de Strasbourg, qui était couturière et qui nous confectionnait donc les vêtements au meilleur tarif. Pour ma part, Les séances d'essayage étaient fixées aux jeudis puisque je n'avais pas classe. Mon arrière cousine, célibataire vivant avec sa maman (soeur de ma grand'mère 'tante Joséphine') dans une belle maison, me prêtait les jouets de son enfance. Je me rappelle, il y avait un vrai manège qui tournait avec de la musique : c'était magique !! et aussi des vieilles poupées très joliment habillées, que je n'osais pas vraiment toucher. Elle nous servait un goûter dans de la belle vaisselle en discutant avec maman de choses et d'autres. 

J'étais toujours un peu triste en rentrant chez moi ;  je n'ai jamais compris pourquoi !!!

Note : Mes soeurs et moi étions si jolies à Pâques que papa nous a  prises en photo.

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LE LIVRE DE POESIES

☚ Mon livre de poésies que j'ai conservé - poème de ma cousine Marie-Thérèse

J'avais dix ans lorsque ma grande soeur m'a offert mon LIVRE DE POESIES.
Toutes les petites filles à l'époque possédaient un tel recueil ; il passait d'une main à l'autre et revenait chaque fois complété d'une nouvelle page : à droite la poésie, le poème ou une composition personnelle,  et sur la page de gauche nous collions les petites images destinées à cet effet : des angelots, des bouquets de roses, des petites filles modèles. Les plus assidues laissaient un dessin personnalisé. L'imagination n'avait pas de limites.
Et voici la poésie qui revenait le plus souvent :
J'aime la rose
la rose pour un jour, 
mais toi mon amie
je t'aime pour toujours.
Ayant déménagé plusieurs fois dans ma vie, j'ai perdu de vue toutes ces petites amies. Les copains d'avant m'aideront peut-être un jour à les retrouver.
J'ai très longtemps  oublié ce livre de poésies au fond d'un tiroir. Ce n'est que récemment que je l'ai redécouvert. En le feuilletant, j'ai eu l'immense surprise d'y trouver, en dernière page, un message de mon fils. C'est en cachette qu'il a composé un petit poème . Il était adolescent.

Les pages de mon livre de Poésies sont jaunies, je recolle de temps en temps les petites images, il a vraiment vieilli, mais il a une place privilégiée dans ma bibliothèque !!!
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lundi

LES MYRTILLES

Papa était "cheminot" et de ce fait nous voyagions gratuitement. Nous profitions d'une petite "micheline" qui nous amenait à STRASBOURG pour les déplacements exceptionnels :  pas de voiture, pas de frais de transport !!!
Et cela nous permettait également de faire de nombreuses excursions en train dans la vallée de la Bruche. Nous ne parlions pas de randonnées, le but était plutôt lucratif. C'était notamment, au mois de juillet, la récolte des myrtilles.
 Le dimanche matin, très tôt, des bandes entières se retrouvaient sur le quai de la gare et ensemble nous partions courageux et décidés. Les hommes portaient les seaux 'vides', le sac au dos plein de victuailles. On se réjouissait pour le pique-nique. Nous allions souvent au même endroit, là où, semble-t-il les myrtilles étaient bien plus grosses qu'ailleurs !!
Nous les enfants nous avions des gobelets en métal attachés par une ficelle autour de la taille. Lorsque ces petits récipients étaient remplis, nous allions les vider dans les seaux . Nos lèvres étaient violettes, même les parents se laissaient aller à goûter plus que de raison ces baies bien mûres et sucrées.
Le plus gros de la récolte provenait des activités du matin. La faim se faisant sentir, tout le monde s'installait sur les couvertures posées par terre. Maman déballait la salade de haricots préparée la veille et les côtelettes panées. Il y avait un peu de vin pour les hommes et les enfants avaient droit à la limonade. Les 'grands' discutaient joyeusement, comparaient la récolte à celle des  années précédentes. Un petit harmonica retrouvé au fond du sac accompagnait joyeusement les chants traditionnels typiques à la région : "Que notre Alsace est belle ...." - "La-haut sur la Montagne ...". Les plus téméraires retournaient dans les fourrés, les moins courageux se laissaient glisser dans un petit somme au son des oiseaux et du ruisseau qui serpentait le vallon.
Les seaux étaient remplis... et il fallait bien sûr retourner à la gare pour reprendre le train. La marche était souvent longue mais l'ambiance restait joyeuse. 
Nous en avons mangé des tartes aux myrtilles et l' inoubliable confiture qui nous faisait des bouches de monstres.
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APRES LA GUERRE

Nous habitions dans un quartier de maisons provisoires...
En effet, les gens sinistrés durant la guerre étaient relogés dans des petites maisons individuelles, le temps pour l'Etat de reconstruire de nouveaux immeubles.
Cette situation "provisoire" a duré quelques années mais nous avions une agréable 'vie de quartier'. Lorsque les immeubles se sont élevés à l'emplacement des cratères des bombes, nous étions tous bien tristes de devoir quitter nos "pavillons". Les habitants du quartier étaient très solidaires. Le bon bricoleur donnait un coup de main au moins agiles. Les veuves n'étaient pas livrées à elles-mêmes. Il y avait bien sûr des différents à règler de temps à autre, les arbitres étaient nommés d'office,  et la bagarre ne durait pas bien longtemps. Lors des fêtes de famille, de quartier ou autres festivités tout le monde se réconciliait, même les plus récalcitrants. Les soirées d'été nous nous retrouvions tous devant nos portes et les conversations allaient bon train. Les femmes échangeaient des recettes, parlaient de leurs maris ou de leurs enfants. Les hommes parlaient football, de leur travail ou arrosaient les plantations du petit jardin  derrière les maisonnettes. Tout le monde profitait de la fraîcheur de la nuit tombante et nous les enfants étions contents de veiller un peu plus tard.  Mais nous allions tout de même au lit à des heures raisonnables : nous n'avions pas la télé !!!  OUPS

LE BON VIEUX TEMPS ?  OUI JE PENSE ....

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LE PETIT BUFFET DE CUISINE

NOËL D'ANTAN
Il est bon de se rappeler, de temps en temps, nos Noël d'autrefois. Cette veillée se passait tout simplement, en famille. Je n'ai pas le souvenir d'un repas exceptionnel. Maman sortait les gâteaux (les bredele de Noël) et nous servait un malaga dans un petit verre. C'était un léger alcool, très sucré, qu'il ne nous était pas défendu de boire. Bien au contraire....
Le Père Noël passait dans le quartier. D'ailleurs, mon papa était, le plus souvent, désigné pour cette difficile mission. Il obtint une telle réputation qu'il dut, par la suite, faire le tour de tout le quartier pour le grand bonheur de mes petits copains.
Une année, ses chaussures sortant de dessous la "pélerine",  firent plâner le doute : Je ne comprenait pas pourquoi le Père-Noël avait les mêmes chaussures que mon papa. Mais sa grosse voix eut vite raison de mes hésitations. 
J'ai eu, ce Noël-là, le plus beau cadeau de ma vie :  Uu petit buffet de cuisine avec des portes vitrées, des tiroirs et, oh comble, une dînette en plastic. Eh oui déjà. Les assiettes étaient roses  décorées de petites  fleurs rouges. Quel cadeau !!!
En plus, c'était mon papa qui a fabriqué lui-même ce jouet. Je l'ai appris plus tard... Il était très très bricoleur. Il savait tout faire, un véritable génie.

Je dois à ce cadeau le souvenir d'intenses  moments de bonheur. Le  buffet est encore chez moi et mes petites filles s'en servent lorsqu'elles viennent me voir.
Nota : Il n'a plus les vitres aux portes du haut,  j'ai dû les remplacer par du fin grillage.
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AU JARDIN AVEC MAMAN

J'étais une fillette plutôt obéissante et disciplinée, probablement la joie de mes parents. Peut-être un peu gâtée. J'étais la "dernière" de trois filles. Mes grandes soeurs avaient 9 et 6 ans de plus que moi.
Pendant qu'elles allaient à l'école, je me retrouvais seule avec ma maman. Elle m'emmenait partout. Lorsqu'elle allait au jardin cueillir les fruits ou les légumes elle prenait le vélo. Papa avait "bricolé" un support spécial sur le porte-bagages, et souvent ma petite copine"MALOU" m'accompagnait ;  nous étions installées derrière maman, serrées contre elle.  Situation périlleuse et  inconfortable, mais le bonheur était à l'arrivée. Que de jeux dans ce jardin  !!! Nous avions des indigestions de tomates, des overdoses de fraises. Les limaces terminaient dans des boîtes d'allumettes avec une feuille de salade. Elles étaient baptisées et adoptées.
Même les doryphores ne nous rebutaient pas. Nous avions un vieux verre à confiture contenant du pétrole et  ces petites bêtes malfaisantes, que nous "cueillions" sur les plants de pommes de terre,  terminaient leur courte vie dans le liquide mortel.
Le temps que maman récolte les haricots (des lignes et des lignes - de quoi faire des conserves pour tout l'hiver), enlève les mauvaises herbes, sarcle entre les légumes et les salades,  et déjà c'était l'heure de rentrer. Nous avions épuisé tous les jeux et après un petit goûter de pain et de barres de chocolat,  installées sur une couverture dans l'herbe, nous étions bien contentes de retourner à la maison.
JUSQU'A LA PROCHAINE SORTIE EN VELO AVEC MAMAN

Nota : j'ai la chance d'avoir moi-même un potager que j'entretiens avec amour et passion.  Ne reproduit-on pas les schémas de son enfance ?
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TENDRESSE ?


mais traumatisme ? pas si sûr ...
Nous étions une bande de petites copines, toujours dans la rue, ou presque .. Nous n'avions ni ordinateurs, ni notre chambre personnelle. Quelques jouets : un "baigneur", un "tricotin" , des billes ... et on jouait sur le trottoir. Les plus grands organisaient de temps en temps des "jeux de piste" qui consistaient à tracer un itinéraire fléché sur lequel nous devions retrouver des messages . Ces billets, souvent des petits mots gentils ou des suggestions à demi-voilées,   provenant des  garçons de la bande, éveillaient en nous de tendres émois . Nos premiers amours. 
Nos corps s'éveillaient déjà et de tendres sensations nous agitaient. Tout ceci nous amenait bien sûr, et ce comportement est certainement vieux comme le monde, à nous câliner entre fillettes. Tant et si bien, qu'un beau jour, une voisine à l'affût  nous surprit lors d'échanges "amoureux". Bien "intentionnée" elle ne manqua pas d'aller partager son indignation avec nos mamans respectives.
Une bonne fessée s'en suivit, dont nous devions nous souvenir.
Curieux non ? le premier souvenir qui m'est venu à l'esprit
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